Marcelin Vounda Etoa: « Le français est dominant dans la presse camerounaise »

Marcelin Vounda Etoa: « Le français est dominant dans la presse camerounaise »

Le professeur de littérature française, observateur attentif de la Presse Camerounaise, indique la place de la langue française dans le paysage médiatique du Cameroun.

Quelle place le français occupe-t-il dans la presse camerounaise?

La première chose qu’il faut noter c’est le statut de la langue française qui est langue officielle au Cameroun à côté de la langue anglaise. Ce sont les deux principales langues d’expression publique et la presse publique essentiellement est amplement servie par les deux langues. Mais les langues sont utilisées dans la presse proportionnellement au nombre de locuteurs. Il y a donc un rapport entre la langue et la démographie.

Dans ce contexte la part du français est-elle forte?

Bien évidemment le français est dominant dans la presse. Sur dix organes de presse, sept ou huit sont d’expression française. On observe les médias publics qui s’efforcent de donner un statut égal ou alors de conduire vers le bilinguisme. Si vous regardez Cameroun Tribune, il est édité en bilingue. Mais à l’intérieur de CT, en faisant de petites statistiques, on se rend compte que sur un même sujet, on a des articles en français et anglais quand ce sont des dossiers ou grandes enquêtes. Mais la proportion tient également compte du nombre de locuteur. Il y a plus de pages de CT dédiées aux textes en français qu’en anglais. A côté de cela il y a des journaux d’expression anglaise qui ont hérités de la grande tradition de la presse anglaise et qui paraissent régulièrement et qui ont leurs lecteurs.

Qu’en est-il de l’audiovisuel ?

Pour la radio, on peut observer ces derniers temps que les présentateurs des grands moments de la radio que sont les journaux, font un journal bilingue dans la nouvelle formule du 17-18. Le présentateur du journal le fait en français et anglais. Il y a donc une volonté de donner une chance égale aux deux langues dans les espaces publics. Mais évidemment, cela n’est pas toujours équitable. On n’arrivera jamais à un traitement parfaitement équitable entre les deux langues parce que le nombre de locuteurs oriente le type d’informations qu’on veut fournir. La télévision aussi, il y a des journaux bilingues mais il reste un 19h30, un 20h30 qui sont pour l’un anglais et l’autre en français. L’anglais et le français ont un statut égal dans la constitution, c’est les deux langues officielles. Le problème est celui du nombre de locuteurs. Il faut remarquer que de plus en plus de parents francophones scolarisent leurs enfants dans le système anglophone. Il y a donc un nombre grandissant de locuteurs qui ont une double compétence qui leur permet de parler en français et en anglais. Mais je pense que l’anglais ne souffre de rien, le français ne souffre de rien. Les deux langues sont seulement portés par le nombre de locuteurs. S’il y a dix personnes qui parlent anglais, il y en aura vingt ou trente qui vont parler français et entre les deux une dizaine qui sont bilingues.

Le français est-il menacé ?

Cela n’est pas un problème. Cela est lié à la démographie de l’auteur de chacune des langues. De mon point de vue, il n y a pas un enjeu que l’anglais essaye d’occuper la place du français aujourd’hui comme si le français occupait une place privilégiée. Un francophone qui parle français il n y a rien de plus normal.

Propos recueillis par Naomie Wadje

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